miércoles, 28 de julio de 2010

Je me suis revue à notre arrivée dans cette rue St..., dans la file d'attente.
"Quien es el último?"
Que de chemin parcouru depuis.
J'ai pu cette fois y aller seule :-)
Je me disais que j'avais fait six ans d'étude d'Espagnol!Un long stage dans le pays.
Maintenant , rentrer dans la langue litteraire.

J'ai vu qu'un mec cherchait à accrocher mon regard. Un rien de rien mai si je l'avais regardé à mon tour, il se serait dit qu'il avait gagné.
Le jeu des regards...c'est terrible.


Regard flottant!
Comme lecture flottante.
Ecoute flottante.
Réponse flottante (floja)
tout qui flotte, qui surfe pour se concentrer en soi.
Sauvegarder le soi.
Essuyer les regards qui collent, l'écoute qui s'embrouille, les questions trop incisives, essuyer tout ça. Ne pas leur laisser de prise.


J'ai trop écouté cette folle qui parlait des os congelés, réutilisés...Tout le monde était captivé malgré soi et ça aurait fini par exploser.
Elle avait une parole dégoulinante et tentait d'envelopper tout le monde dans son délire.
Mais personne n'a marché.
Plus loin , dans le bus elle a tenté de parler, parler, pour rien, pour vider son sac de dingueries...
On aurait dit qu'elle s'accrochait aux autres,désespérément , par tous ses mots, mots bouées, bouteilles a la mer, qui se perdaient...
J'écoute encore trop les gens fous.
Habitude en moi d'écouter mes tantes et tous ces gens qui ont posé en moi leur folie.

J'ai repensé au début, à l'arrivée, aux files d'attente avec tous les immigrants et j'avais Kundera dans mon sac et je le lisais assise dans la rue, sur mon petit journal.

J'ai fait partie de tous ces gens. On avait du rêve, de l'attente, du désespoir dans la tête.
Je suis fière d'avoir partagé cela avec eux.

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